Trilogie : J.C., Céline & Pedro
Juliette Navis I Regen Mensen
En ouverture de saison 26-27, l’Usine à Gaz s’associe à La Bâtie, Festival de Genève pour présenter la trilogie de Juliette Navis en une journée. Un feu d’artifice et une occasion rare de saisir une œuvre dans sa totalité.
Avec la trilogie J.C., Céline et Pedro, Juliette Navis ausculte trois angles morts de la société : l’argent, la mort, le désir, dans un geste artistique à la fois rigoureux et jouissif. J.C. en référence à Jean-Claude Van Damme, Céline pour Céline Dion et Pedro pour Almodóvar.
Trois archétypes de personnages conquérants et populaires marquent un temps d’arrêt et constatent, face public, l’engrenage effréné de vitesse et de croissance dans lequel ils se sont empêtrés en suivant la course du monde. Des bouffons au sens noble du terme, qui mêlent l’absurde à la raison, le rire à la poésie, et prennent parfois des détours pour nous livrer leurs vérités. Actrice et metteuse en scène formée au Conservatoire National supérieur d’Art Dramatique de Paris, Juliette Navis fonde Regen Mensen en 2018. Sa démarche mêle écriture de plateau, figures de la mythologie populaire et approche bouffonne des grandes questions enfouies de notre époque.
J.C.
DURÉE : 1H15
J.C. est un personnage inspiré de la figure de Jean-Claude Van Damme. J.C. est tiraillé entre le rêve de sauver le monde et celui de devenir star de cinéma. J.C. essaie de comprendre ce qu’est l’argent. Le système dans lequel nous vivons mène l’humanité à sa perte : J.C. a une mission : arrêter ce processus d’autodestruction. Rompu aux arts martiaux, il se livre à une analyse acrobatique de notre système monétaire entre deux séances de muscu et le tournage d’une course-poursuite avec Jésus. Avec ce premier volet de la trilogie, Juliette Navis et l’énergique comédien Douglas Grauwels déroulent une approche burlesque d’un sujet complexe, guidés par l’économiste Bernard Lietaer et des chemins de pensées – « si tu fais confiance en la confiance, tu deviens confiance » – aussi improbables que surprenants.
« Il y a des acteurs mythiques. Jean-Claude Van Damme en fait partie. Non pour sa filmographie mais pour sa pensée quelque peu lunaire, ses raisonnements absurdes, sa mégalomanie. S’emparant de ce personnage digne d’un stand-up, Juliette Navis signe un spectacle hilarant autant que touchant, porté par l’extraordinaire Douglas Grauwels ». O. Frégaville-Gratian d’Amore, l’Oeil d’Olivier
CÉLINE
DURÉE : 1H
Sur scène s’avance une femme, une certaine Céline. Elle est là devant nous, et elle souhaite que nous nous sentions bien là, devant elle. C’est un peu Céline Dion. Mais ce n’est pas du tout elle non plus. C’est un peu une conteuse québécoise dont le verbe chaloupe au-dessus de 100 000 rivières et qui nous raconte l’histoire de cette petite Céline à la voix d’or, qu’elle visite au soir de sa vie. Céline constate à quel point elle s’est épuisée dans la conquête du show-business. En reprenant l’accent et les tics de langage de la star internationale, la comédienne Laure Mathis fait le récit d’une célébrité qui vit ses derniers jours en maison de retraite. Portée par une comédienne exceptionnelle, cette performance saisissante explore avec drôlerie et sensibilité le poids des choix qui façonnent une vie.
« S’ils poussaient la porte, les millions de fans de la chanteuse canadienne ne seraient en rien déçus par cette version inédite et imprévisible de leur idole. Celle qui incarne l’aimant à public est Laure Mathis, découverte dans Doreen, le spectacle culte de David Geselson, et ici aux antipodes du rôle mélancolique qui l’a fait connaître. Dans ce deuxième volet d’un triptyque qu’a conçu avec et pour elle la metteuse en scène Juliette Navis, c’est peu dire que la comédienne stupéfie, jouant de la métamorphose telle une Cate Blanchett et pulvérise toute notion d’emploi. » Anne Diatkine, Libération
PEDRO
DURÉE : 1H15
Pedro c’est l’histoire de Beatriz et José Manuel, une actrice et un acteur de telenovelas à l’accent espagnol qui nous embarquent dans une fiction décalée et futuriste. En couple dans la vie comme à l’écran, le duo se confronte au poids des années après 15 ans de vie commune. C’est Beatriz, qui crèvera l’abcès, pour notre plus grand plaisir dans une performance à la fois kitsch et comique, qui interroge frontalement l’intime, le plaisir et la sexualité.La metteuse en scène croise avec Pedro l’outrance acidulée des films du cinéaste Pedro Almodóvar avec l’imaginaire prolifique des livres d’Ursula Le Guin, la papesse américaine de la science-fiction. Laure Mathis et Douglas Grauwels, les interprètes des deux solos précédents, ici en couple, sont emportés par le comique de la narration et des situations avec une adresse directe au public.
